03 décembre 2007

En vrac.

Après plusieurs mois d'absence je vous livre quelques réflexions, observations et dégustations.
Commentaires sans valeurs absolues, même pour moi !


Yixing en terres "épuisées" vs théières modernes ?

Je ne pense pas que les théières "épuisées" soient meilleures intrinséquement ou plus aptes à transcender une infusion, surtout avec des thés de qualités ordinaires qui ne souffrent pas d'être poussés dans leurs retranchements (amertume, astringence, etc.).
En revanche certaines terres épuisées, les plus dures d'entres elles, permettent de tenir la température un très long laps de temps, et donc de tirer la substantifique moëlle des thés les plus aboutis.
Aucunes des taïwanaises de la Maison des 3 thés que j'ai pu tester ni la théière en "Zhuni moderne" de Teamasters ne parviennent à tenir la chaleur aussi longtemps que certaines de mes yixing en terre épuisées.
Donc pour pousser un vieux Pu-Erh sheng (par exemple) à exprimer sa minéralité rien ne vaut une terre épuisée DURE. Les Duan Ni et autres terres épuisées cuites à moins hautes températures ou en terres plus souples ne tiennent pas la route et sont d'un investissement trop coûteux par rapport à une taïwanaise de belle facture.
Les taïwanaises (M3T) et chinoises modernes que vend Teamasters sont parfaites et suffisantes dans la grande majorité des cas mais il faut s'en servir. Cela semble une évidence mais mettre au repos une théière pour quelques semaines c'est la condamner à déperir, se flétrir, devenir exsangue.

Le zhong ? formidable instrument comme Raphaël l'a souligné et qui peut servir à tous les thés, mais plus encore que la théière le zhong ne pardonne pas aux thés médiocres.

Deux modes d'utilisations :

"flash", façon shoot à la Michel (Le Pete Doherty du Pu-Erh), avec un grammage généreux, en versant l'eau bouillante très rapidement et en infusant quelques secondes.

"Broadband", façon Raphaël (dit "La tisannière") en dosant léger (2g), en versant l'eau plus lentement et en poussant l'infusion au delà de la minute.


Quel est le goût d'un Gao Shan Sha ?

C'est la question que je me suis posé et que je continue à me poser après avoir goûter plusieurs références de Teamaster (Shan Lin Shi, Li Shan, Da Yu Ling), de Camelia Sinensis (Lishan, Ali Shan de M. Li, Ali Shan de M.Chen, Dayu Lin de M. Chang)) et de la M3T (3,4,11,14).
J'ai découvert ou plutôt redécouvert ces thés en me régalant du Li Shan de printemps 2007 de Teamasters : un bonheur de fraîcheur, de présence et d'immédiateté. Un thé de
soif assurément. Equilibré et sans prétention il a fait mon bonheur plusieurs mois durant.
La source s'épuisant j'ai tenté de retrouver un goût similaire à la Maison des 3 thés. Déception. Une qualité indéniable mais l'oxydation plus poussée leur confère un goût plus proche d'un Dong Ding "classique" que ce qui me semblait être le goût Gao Shan Cha trouvé dans le Li Shan de TM (et ceux de camellia Sinensis).
Est-ce que l'approche de la M3T est conservatrice et ne souhaite pas verser dans le modernisme ? Peut-être.
En fait ces deux écoles supposées me rappelent dans le domaine du vin les extractions à froid, modernes, qui visent à mettre en avant la fraîcheur, le fruité, par opposition aux extractions longues, classiques, qui donnent des vins plus sur la réserve dans leurs primes jeunesses.

Où est la vérité ? Je ne sais pas et je ne pense pas que ce soit important.

Quoiqu'il en soit je préfère indéniablement les Gao Shan Cha dans leurs versions primesautières, celles proposées par TM, alors que les Dong Ding me plaisent d'avantage en version "classique", plus oxydés. Pour un tarif sensiblement équivalent le DD "classique" de TM et le DD n°3 de la M3T sont deux très bons produits. Le DD de M. Nen Yu du Camellia Sinensis est un cran en dessous mais loin d'être mauvais.

Pour les amateurs de Dong Ding vieillis, la M3T vient de remettre à la carte son n°8, un Dong Ding de 1991. Savoureux et comme toujours à la M3T une très grande maîtrise des torréfactions qui font passer les Wulongs vieillis de la concurence pour des articles promotionnels des "Charbonnage de France".

07 juillet 2007

Wulong le retour


Pour ceux qui s'étonnent de mon absence momentanée sur les ondes théifères, c'est simplement que je n'ai rien à dire de particulier en ce moment. Du moins sur les Pu-erhs.

J'ai stoppé toutes dégustations de Pu-erhs jeunes, que je ne supporte plus. Trop d'échantillons, trop de merdes imbuvables et sans intérêts.

Il n'y a rien à faire le Pu-erh c'est quand même meilleur avec 20 ans derrière le collet.

Je suis donc en ce moment en pleine redécouverte, salvatrice, des Wulongs.

Je me régale.

C'est grâce à Michel qui m'a apporté quelques grammes de Dong Ding que j'ai redécouvert cette famille dont j'avais mis les dégustations en jachères.

Quelle merveille que ce Dong Ding "traditionnel" de TeaMasters, ou ces Dong Ding #2 et #4 de la M3T aux arômes floraux, miellés...

Je n'oublie pas non plus les Yen Cha (Wuyi > rochers) avec un Da Hong Pao #3 d'anthologie par sa puissance et sa transparence, sa pureté. La "Beauté Académique #2" est également très beau, bien que plus discret dans son approche...

Bref je m'éclate ! Je tourne avec 3 théières au bureau et je me lance dans des infusions épiques de Dong Ding : 4g pendant 10 minutes en taïwanaise... Là où un wulong de basse extraction aurait été stressé et aurait sans doute rendu les armes, le DD#2 m'a injecté de miel les vaisseaux occulaires. Machoire tombante, j'ai réussi à pousser des cris de cachalot échoué. C'était magnifique.

Bref je ratrappe le temps perdu sur cette immense famille...

Et vous des souvenirs de dégustations mémorables ?

05 juin 2007

La dégustation du Pu-Erh pour le débutant

La dégustation pour le débutant en 8 volumes. Accrochez vous au tabouret il y en a pour plus de 20 minutes. Pu-Erh d'accompagnement recommandé.















04 juin 2007

30 mai 2007

21 mai 2007

Pu Er Maison des 3 Thés : 1985 1986 1987 Yiwu



Zoom sur 3 produits de la Maison des 3 Thés :

Brique 1985 n°11
Tuo Cha 1986 n°8
Galette 1987 n°10.


Première partie :


Seconde partie :

17 mai 2007

Pu Er Galettes Feng Qing / CNNP 6711 2006

Une vidéo en 2 parties pour une approche très globale de :

3 produits de la manufacture Feng Qing :

Galette crue, recette 7813, de 2003 (Yunnan Sourcing)
Galette crue, de 1998 (n° 36 à la Maison des 3 thés)
Galette cuite, de 2001 (Yunnan Sourcing)




Galette crue CNNP, recette 6711, de 2006 (Yunnan Sourcing)

15 mai 2007

Pu Er Galette 2006 "Yong De" Organic

Galette "Yong De" Organic 2006

De plus en plus feignasse le Jeancarmet. 'Prends même plus la peine de tapoter ses compte-rendus. J'te jure...





http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&ih=016&sspagename=
STRK%3AMEWN%3AIT&viewitem=&item=260110313858&rd=1&rd=1

Gong Fu Cha : la méthode par l'image

Une histoire de goutte.

Quand j'ai commencé mon initiation au Gong Fu Cha il y a quelques années, je dois dire que les questions que je me posais étaient nombreuses : "J'en mets combien de grammes ? t'es sûr 4,3g ça va pas faire trop ?" et surtout : "Combien de temps ça doit infuser ce boxon ???". 1 seconde de plus que le temps préconisé et c'était la catastrophe. Tchernobyl dans la Yixing. Depuis, je dois dire que je suis bien plus décontracté...
Néanmoins je comprends parfaitement que des repères soient nécessaires aux plus fébriles d'entre-nous. En voici un.
Pour déterminer si l'infusion est prête, il suffit d'observer la goutte qui se forme à l'entrée du bec de la théière : lorsque celle-ci disparaît, retourne dans les entrailles du monstre, c'est que votre infusion est prête !
Rien d'absolu mais c'est une bonne indication, surtout pour les wulongs.

La vidéo montre clairement la goutte disparaitre lors des toutes dernières secondes. (Nadège c'est pour toi ! ;-) )

A vous maintenant !

10 mai 2007

Pu Er carré 2004 Menghai 6515

Je ne sais pas ce qui c'est passé il y a quelques semaines lorsque j'ai goûté pour la première fois ce carré. Ce carré c'est le Fang Cha de Menghai. Recette 6515, millésime 2004.

Pas de quoi pavoiser sur l'intitulé, au moins il n'y a pas de "Wild Big Trees" "Old Arbor" "Pure Yiwu" ou je ne sais quoi destiné à apater le chaland.

Alors pourquoi je l'ai acheté ? Sur sa bonne mine ! Il me plaisait bien ce carré : une bonne bouille, une firme réputé, une recette avec un numéro comme dans le temps où on s'emmerdait pas à faire des phrases.
Des phrases il n'en a pas fait longtemps lorsque j'ai fait la première infusion : une horreur et tout de suite cette image en tête :

"You want to fuk me ?"

Tout de suite après :

"You, you are going to finish like this !" :


Bref, je le sentais mal.

J'y ai retrempé mes lèvres aujourd'hui et finalement c'est du tout bon !


Oh pas le truc à boire le petit doigt levé. ça n'électrise pas le bout de langue, il ne faut pas 1 feuille pendant 15 minutes pour sentir son Qi venir nous caresser le lézard. Non rien de tout ça. Juste un Pu-Erh jeune et plein de fougue. Le pavé est très compressé, très séveux (Philippe passe ton chemin) mais en même temps on retrouve la "patte" Menghai : très aromatique et puissant, presque sauvage en l'état. Comme ça, à jeun il faut avoir l'estomac bien en place, mais qu'est ce que c'est bon de sentir cette présence, cette immédiateté. Ce Pu-Erh a le trait incisif et sain, il parle sans détour, va droit au but sans se complaire dans la demi-mesure ou l'apathie de certains grands crus.




Moi ? J'aime bien.
Pour vous ? Je ne sais pas mais c'est 22$ chez Yunnan Sourcing.

http://cgi.ebay.com/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=260089869730

Pu Er Galette 2005 6FTM BanZhang


J'ai attaqué la journée avec un échantillon de galette offert par Michel : 6 Famous Tea Mountain Wild Tree Collection 2005. Origine : Ban Zhang.

http://cgi.ebay.com/Six-Famous-Tea-Mountain-Ban-Zhang-Raw-Pu-erh-Tea_W0QQitemZ260049865748QQihZ016QQcategoryZ38181QQtcZphotoQQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

Est-ce que c’est bon ? Oui pas mal, et je remercie Michel de m’avoir fait partagé cette découverte. J’en ai même acheté une pièce car à 22$ la galette c’est donné, surtout avec un tel pédigré prétendu…

Est-ce que ce que je bois correspond à ce qu’il y a marqué sur l’emballage ? Pas sûr.

Peu importe car je ne suis pas un spécialiste mais je crois sincèrement qu’il n’y pas plus de feuilles sauvages dans ce thé que de beurre au fiacre.

Quant à l’origine prestigieuse « Ban Zhang » dont le MaoCha est le plus cher du marché, et la production ne doit pas dépasser 6 à 8 tonnes, je vous laisse faire un petit calcul : 22399 galettes produites… 6FTM aurait eu la totalité de la production annuelle prétendue cette année là ?

Est-ce que le goût correspond au goût « Ban Zhang » ? Je n’en sais foutrement rien car je n’ai jamais eu l’occasion d’en goûter…

Bref comme vous le voyez le marché actuel est dans le flou artistique le plus total : TOUT ce que l’on peut lire dans les magazines, les livres, sur les blogs et les sites de vendeurs est à prendre avec des pincettes. Jamais il n’y autant eu d’informations sur le Pu-Erh et jamais ces informations n’ont autant été sujettes à caution.

Désabusé ? Non pas du tout, car je sais depuis longtemps qu’il ne faut pas croire ce qu’il y a écrit et que tout est relatif.

Digression : Je travaille dans le monde de la Chaussure de luxe depuis plusieurs années et je connais très bien le produit puisque je fais ce métier pas passion. J’ai acheté ma première paire de belles chaussures lorsque j’avais 18 ans et je m’endormais en les regardant, j’examinais les coutures de la trépointe, je touchais le box calf pour sentir sous mes doigts la rondeur d’un cuir provenant des meilleures tanneries françaises. Je suis même allé passer un week-end à Londres pour me rendre à la Mecque de la chaussure sur-mesure où j’ai fait des photos qui ornaient les murs de ma chambre d’adolescent. Bref la passion et l’expérience du métier ont fait de moi un professionnel que je pense accompli. Cela m’a permis également de faire la part des choses entre ce que racontent les passionnés et la réalité.

Mon Dieu, combien d’anneries j’ai pu lire de la part de prétendus experts… A force de puiser des informations à droite et à gauche, de prendre pour argent comptant un article de magazines, etc. l’amateur finit par se prendre pour l’expert alors que sa vision parcellaire des choses n’en fait qu’un gonflant emmerdeur.

Idem pour le thé : L’emballage de telle galette ne correspond pas à sa date supposée de fabrication car sur le site X il est indiqué que la première mise date de 19XX ? OK c’est marqué noir sur blanc. Est-ce vrai pour autant ? A-t-on toutes les informations pour prétendre pouvoir l’affirmer avec certitude ? NON.

Pour illustrer mon propos, je vous invite à découvrir cette vidéo. C’est la seule et vraie façon de faire le Pu-Erh en Zhong. Vous pourrez désormais l’affirmer haut et fort car vous l’avez vu faire sur un blog sérieux, rédigé par un amateur avec plus de 7 ans d’expérience…

04 avril 2007

Opération « Tea for Two » quatrième !

Au fil de mes offres je me suis rendu compte que ce qui vous plaisait avant tout c’était la possibilité de découvrir.

Découvrir pour le plaisir. Découvrir pour apprendre.

Je vous propose donc de tester les échantillons de 8 Pu-Erh différents, venant de ma propre cave, et qui ont chacun un intérêt. A ceux qui le souhaitent je vais envoyer un fichier Excel que chacun pourra remplir à sa guise en prenant un minimum de 10g et un maximum de 50g des thés proposés. Le seul impératif étant de prendre au moins 10g de chaque. Dans ce cas là, le montant total n’excédera pas 27.70€, de quoi permettre à tous d’en profiter à un prix plus que raisonnable !

Voici la teneur de ce « kit découverte » :

Galette 1980 n°19 de Menghai. Un Pu-Erh cru d’une année qui commence à se faire rare… Ce thé est très jeune en bouche et il est même étonnant qu’il ait conservé une telle verdeur au fil des années ! Son évolution est intéressante et il ne se dévoile réellement qu’à partir de la quatrième infusion.

Galette 1986 n°4 de Menghai. Voilà un Pu-Erh curieux mais instructif à mon sens : les premières infusions laissent à penser que c’est un cuit mais la suite, tout comme l’aspect des feuilles, tend à prouver que c’est soit un mélange cru/cuit, soit un tout cru qui aurait évolué bizarrement ! Peut-être une galette qui aurait été stockée en milieu humide dans sa jeunesse et qui aurait été « sauvée » par la suite… Les paris sont ouverts.

Brique 1996 recette 7581 de la firme Kunming. Une brique mélange cru/cuit. Rien d’extraordinaire mais il est instructif d’observer en bouche comment ce les feuilles « crues » apportent de la fraîcheur à l’ensemble où domine le caractère « cuit ».

Galette 2002, Chang Tai, Yi-Ban, Wild arbor. Une galette crue, bon exemple du travail de la firme Chang Tai. Il est désormais quasiment impossible de trouver du Pu-Erh des années antérieures à 2004…

Galette 2002, Haïwan, An Ning region, Ancient arbor. Idem, de quoi se rendre compte du travail de la manufacture Haïwan.

Galette 2002 n°39, Youle. Un grand cru. Les thés précédents étaient issus d’un mélange de feuilles de théiers éparses. Cette galette provient de la région des 6 montagnes et la récolte est issue de théiers sauvages centenaires. Il est amusant de noter la touche fumée qui provient non pas d’un séchage particulier mais du feu dans l’habitation de la famille qui a récolté les feuilles.

Galette 2003 n°40, Nannuo. Un grand cru dont l’origine est également la région des six fameuses montagnes . Nannuo est situé au sud-ouest de la rivière Lancang. La récolte est également issue de théieres sauvages centenaires. La comparaison entre cette galette et la précédente peut être amusante…

Galette 2003, recette 7542 de Dayi (Menghai). Une recette on ne peut plus classique de cette firme réputée et rachetée par Bowin en 2004. Le goût « 7542 » est bien présent et je pense que c’est quelque chose que tout amateur se doit d’avoir goûté au moins une fois. Autre point qui mérite l’attention de l’amateur : l’aspect légèrement trouble de l’infusion, signe théorique de mauvaise qualité. Et oui, même un défaut peut-être instructif !

Antonio, Michel, Alain, Eric, Axel, Florian, Jérôme, Yves et Thomas : Merci !


28 mars 2007

Opération « Tea For Two » troisième !


Troisième opération : 3 galettes, 3 millésimes, 3 manufactures !

Tonton Jeancarmet vous propose non pas 50g, non pas 100g, mais bien 150g de thé !

Je vous offre l’occasion pendant quelques jours de partager 50g de chacun des Pu-Erh suivants :

Galette 1998 n°36 « Fengqing », 75€

Galette 2003 n°37 « Menghai », 66€

Galette 2004 n°38 « CNNP» Yellow label, 66€


Vous avez fait le calcul ? 29€ par participant pour 150g… Elle n’est pas belle la vie ?

Vous connaissez désormais la marche à suivre :

Merci à tous les participants ! Tout est réservé !


Pu Er Galette 2005 n°45

Voici le premier commentaire à m'être parvenu sur la galette 2005 n°45 !

Bref rappel, cette galette est le fleuron de la Maison des 3 Thés, celle devant laquelle il faut se signer et poser un genou à terre.

« Alors je l'ai préparé en zhong dans un premier temps et en yixing dans un deuxième.
3 grammes environ pour 10 cl infusions successives (rapides puis longues).

Bon premier constat l'odeur est très agréable rien a redire la dessus.

Je
découvre la couleur de la liqueur et déjà assez étonné tiens un Oolong ? ^^ Je m'attendais a une couleur plus orangée quand même mais bon ce n'est pas un problème en soi.

Une fois en bouche la première impression me déstabilise complètement, je qualifierai ce thé d'"électrique" jamais je n'avais rencontré ce cas un peu comme quand on met sa langue sur la borne d'une pile (très léger bien sur).
Des notes très florales (enfin quelque chose a quoi je m'attendais) mais il me semble qu'il y en a beaucoup et j'ai du mal a les "séparer", a les analyser.
Je ne sais pas mes papilles sont assaillies et en même temps je n'ai pas l'impression qu'il se passe grand chose, c'est totalement contradictoire :o.

Sinon je trouve le goût en bouche une fois le thé bu rafraîchissant et agréable et il est clair qu'il résiste très bien a nombre d'infusions successives. »

Yixing Zhuni coquille d'oeuf

Comme ce blog s'appelle "Pu-Erh & Yixing" il faut bien que je colle une photo de théière de temps en temps...

je vous l'accorde la prise du vue n'est pas top, mais elle permet d'apprécier la qualité d'une vraie terre "Zhuni" ancienne avec ses fameuses et rares "crawl marks".

Bref un interlude avant d'autres tests de galettes...

27 mars 2007

J’ai noté que les galettes de ces dernières années et notamment les « grands crus » dont vous avez été nombreux à vous partager quelques grammes n’étaient pas à leur mieux en théières.

Je m’explique : Comment faites-vous vos thés verts ? En zhong ! Qu’est ce qu’une galette de 2005 ? Du thé vert !!

J’aurai donc tendance à vous conseiller en suivant ma propre expérience d’utiliser 2g, en zhong, et de pousser les infusions au delà de la minute.

La Yixing gomme certaines choses, en tout cas, n’apporte rien, à ce stade de maturité des galettes 2003 et suivantes. Le zhong en porcelaine, quant à lui, mettra en exergue qualités et défauts, et comme ces galettes ont plus de qualités que de défauts vous avez tout intérêt à profiter de l’effet loupe du zhong !

24 mars 2007

Fake Pu-Erh. Merci Grand Tea.

SERREZ LES MICHES !

Et oui, Raphaël en parlait récemment, le web permet d’un clic de souris de s’offrir des galettes rares et merveilleuses… Quel bonheur. Bien souvent les marchands se font un plaisir de joindre à votre commande des échantillons, j’ai testé Hou De Asian, Jing Tea Shop et à présent c’est à Grandtea.com de passer à la casserole. En l’occurrence c’est moi qu’ils ont plumé ! Pour faire court j’ai regretté qu’en plus des échantillons ne soit fourni un tube de vaseline pour mon postérieur encore tout endolori… La raison ? les 2 échantillons sont « buvables », les 2 galettes sont tout simplement fausses. Point à la ligne.

Fausses ? Et bien oui, j’avais déjà entendu parler de contrefaçons en matière de Pu Erh mais je n’en avais jamais tâté le Neifei. C’est désormais du passé, ami réjouis toi je ne suis plus puceau !

Commençons par le buvable. Le premier sample est celui d’une galette Dayi 7542 de 1996 http://www.grandtea.com/scripts/prodView.asp?idProduct=306 , le nez est marqué par les notes de champignons mais c’est un parfum qui, en l’état, ne me dérange pas. L’infusion est assez ronde en bouche mais également assez fade, la couleur comme le parfum laissent à penser qu’il s’agit d’une galette stockée « humide ». Le genre de choses dont je me contrefous quand le résultat est bon (exemple la galette 1998 n°31), mais là il n’y a aucun relief et c’est loin de ce qu’on peut attendre d’une 7542, comme par exemple la Menghai 1999 que vend TeaMasters et qui est pleine de caractère (ça part dans tous les sens : eucalyptus, alcool de fruits, notes pharmaceutiques, notes de résineux, miel de sapin, etc.), bref dans le cas présent c’est plat et sans intérêt…

Deuxième échantillons, ou plutôt le second puisque Grand Tea http://www.grandtea.com/scripts/prodView.asp?idProduct=313 ne propose que ces deux là à la vente (c’est dire la confiance qu’ils ont dans leurs autres Pu Erh) Il s’agit celui d’une galette Ching Yun de 2000. Le nez des feuilles sèches est intéressant mais je dois dire que je n’ai jamais senti ce parfum auparavant. Déconcertant mais j’aime ce qui est original. One point. La couleur de l’infusion est brillante, franche mais le problème c’est que le thé est fait pour être bu pas regardé, et en bouche c’est le néant, un néant rafraîchissant mais à ce stade d’absence de fond, je préfère sucer un Tic-tac c’est plus passionnant. Trois infusions auront raisons de ma patience pour ce succédané de thé.

Enfin j’attaque l’ouverture des 2 magnifiques « gift box » dont les orientaux ont le secret : boîtes richement décorées, garnies de tissu synthétique jaune or. La Classe...

Ma première galette est sensée être une Menghai 7542 de 2000. http://www.grandtea.com/scripts/prodView.asp?idproduct=299 Sortez la vaseline, c’est maintenant. L’aspect extérieur m’interpelle : « tiens c’est curieux, la taille me paraît plus petite que ce que j’ai en stock ? » Tu m’étonnes. Le diamètre est plus petit de 3 bons centimètres pas rapport à une galette Menghai (ou du moins CNNP) telle que je les connais ! Je ne suis pas un expert, mais en 7 ans d’achats j’en ai quand même vu défiler ! Je porte la galette au nez : « la Torah de Babel Oued !!, c’est une galette de trompettes de la mort ou quoi ?? ». Insupportable. Ce simili thé sent le champignon à plein nez et je comprends maintenant ce qu’on entend par « vieillissement accéléré en conditions humides ». J’ouvre l’emballage de cette mini galette et ce que je vois me rappelle un souvenir : la boîte de Lindt Or offerte par tata Jacqueline 2 mois après sa date de péremption. Une magnifique pellicule blanche recouvre l’ensemble de cette merveille. Un cas d’école. Il va sans dire que je ne compte même pas y goûter. L’odeur est infecte, l’aspect répugnant et me paraît même dangereux pour la santé.Une contrefaçon absolue !

Au suivant. Dans ma fièvre acheteuse je m’étais également entiché d’une galette Menghai 8582 de 2002. Où la folie va t’elle se nicher, je vous le demande… http://www.grandtea.com/scripts/prodView.asp?idproduct=303 Là encore une recette éprouvée et réputée pour son caractère masculin. Tu veux de la Testostérone ? Amélie Mauresmo est en poster dans ta chambre ? Cette galette est pour toi. Je passe sur l’emballage, il est classique ; la taille de la galette ? Normale. Waouh je me sens presque tiré d’affaire, et je commence à reboucher le tube de Mytosil que mes erythèmes fessiers avaient réclamé. Malheureux ! Je porte au nez la belle galette et là mes poils tombent. Le camphre a décapé mes orifices nasaux, attaqués par ce parfum qui, quand il est naturel, me comble de joie. Comment la nature peut produire un parfum aussi puissant ? Mystère. Pour ceux qui la connaissent la galette 1996 n°32 est camphrée mais là. Là ! Là c’est camphrée au-delà de ce que la nature peut produire… 3 inspirations auront eu raisons de moi et je commence à avoir mal au crâne… Le test en théière donnera une liqueur monolithique dont le seul langage est : CAMPHRE. C’est tout ce que cette galette sait dire. L’infusion finit de me râper ce qui me servait de langue naguère et me rappelle de belles dégustations de Lapsang Souchong de basses extractions. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Souchong industriels ne sont plus fumés artisanalement depuis longtemps. Les fabricants utilisent de l’essence de parfum « fumé » dont ils arrosent copieusement les feuilles. A mon avis cette galette atone a du être copieusement vaporisée de parfum « camphre »…

En bref ces deux galettes sont au mieux de médiocres copies, aux pires dangereuses pour la santé.

J’avais déjà marché dans ce genre de choses, mais je n’en avais jamais bu. Merci GrandTea !

20 mars 2007

Opération "Tea For Two" deuxième !


Voilà c'est fait, j'ai entre mes mains la fameuse galette 2005 n°45 de la Maison des 3 Thés. Fameuse ? Disons qu'elle a fait couler beaucoup d'encre... A 290€ nous sommes nombreux à nous demander si le jeu en vaut la chandelle...

Galette 2005 n°45 issue de théiers millénaires de Yiwu


Je propose donc à 6 d'entre vous 50g de ce Pu-Erh d'exception ! Pour cela il suffit de m'envoyer un mail à :


La totalité des échantillons est partie ! Merci à vous tous d'avoir joué le jeu !

18 mars 2007

Pu Er brique 2004 Haiwan "Lao Tong Zhi"


Affaires à ne pas faire…

Quelques récentes commandes hasardeuses sur le net ont calmé mes ardeurs.

J’ai récemment commandé du vrac Menghai « Xing Xiang » 1993 qui a parfaitement rempli son office : peu coûteux pour une consommation quotidienne et un Pu Erh qui a un goût de Pu Erh. Vous voulez boire de l’eau chaude ? J’ai ce qu’il vous faut ! 2 vracs et un Tuo Cha, commandés chez Jing tea shop :

Le premier de ces vracs provient de Menghai, il s’agit de grade 8 (le grade est la taille des feuilles utilisées) et date de 2001 http://www.jingteashop.com/pd_mh.cfm . Le second date de 1992 et n’est plus disponible à la vente. C’est heureux. Le Tuo Cha quant à lui est daté de 1994
http://www.jingteashop.com/pd_1994.cfm et n’a également aucun goût ! Autant vous dire que tout ça va terminer à la poubelle, je n’ai pas l’intention de conserver des denrées impropres à la consommation…

Dans ma commande figurait également une brique CNNP 7581 de 1996 http://www.jingteashop.com/pd_967581.cfm

Enfin quelque chose de buvable ! Non, pas de l’exceptionnel mais cette recette combine avec bonheur des feuilles cuites et des feuilles crues. Le cuit apporte de la rondeur, de la souplesse et quelques notes boisées typiques, le cru amène une certaine fraîcheur. Je ne pense pas qu’un stockage prolongé améliore ce thé, mais en consommation quotidienne c’est très bien et moins chiant que du tout cuit. Celui-ci ne finira pas à la poubelle, mais ce n’est pas non plus une recommandation d’achat, d’autant plus qu’à $34.85 on paye surtout les frais de stockage de 11 ans…

Et c’est tout ? Non bien heureusement, Sébastien Leseine, de Jing Tea Shop, ne vend pas que du thé bon pour l’évier. Il en donne aussi. Un échantillon d’une galette s’étant glissé dans mon paquet, je peux également vous recommander de ne pas acheter la galette Haiwan 2000 « Gu Hua » http://www.jingteashop.com/pd_gu_hua_cha.cfm . Je ne m’étends pas, il n’y a vraiment pas de quoi. Pas mauvais, mais simplissime… En revanche, je vais finir sur une note positive, une découverte que je recommande vivement : la brique Haiwan 2004 « Lao Tong Zhi » http://www.jingteashop.com/pd_zhuan_cha_lao.cfm , là encore un échantillon de 7g, mais celui-ci a enchanté ma matinée : parfumé, de la matière, une amertume fondue, et surtout une envie constante de me resservir une tasse, ce que j’ai fait sans vergogne ! Très bon, vraiment, mais il faut déjà avoir un goût pour les Pu Erh jeunes, cela va sans dire… C’est cher ? Même pas, comme j’ai pu le constater à posteriori : $11.70…. Je ne sais pas si ce thé défiera les siècles mais j’en ai commandé 4 pièces, soit 13.95€ la brique, frais de port compris !

5.58€ les 100g, qui dit mieux ?

15 mars 2007

Pu Er Galette 1980 n° 19

Un lecteur a qui j'ai envoyé la liste de ce que j'avais en stock me pose la question suivante :

Je (…) suis en train de composer une liste de possibles achats à la M3T. Peut-être peux-tu me donner quelques conseils. Je vois que tu as 3 galettes 19/1980 que je ne connais pas. Vu la quantité, je déduis que tu l'aimes beaucoup :-) Qu'est ce que tu en dis? Je crois que ce thé est encore présent sur la liste à la M3T et pourrait être un bon candidat pour ma cave. Une autre galette que je ne connais pas est la 21/1990. Je n'ai jamais gouté les cubes 1987, que je vois tu as aussi en quantité.

Voici ma réponse :

La galette 1980/19 est un peu dans lignée de la 87 et de la 84 : un peu "verte" avec ce côté très racée, malgré ses presque 30 ans. J'en ai pris 3 car j'ai peur de regretter de ne pas en avoir achetée assez dans 10 ans ! Elle n'est pas exceptionnelle comme la 85 ou la 82 mais de très belle facture. C'est une vraie bonne galette avec du fond mais elle ne se révèle (à mon sens) qu'au fil des infusions. Je la trouve un peu raide lors des premières infusions, par contre après elle s'épanouit et offre une liqueur tout en nuances.

La galette 1990/21 : Tu te souviens du mec sympa dans ta classe il y a 10 ans ? C'est lui. Pas le plus populaire, mais quelqu'un en qui on peut avoir confiance... Pas une galette hors norme, mais bien faite, dans un registre doux et parfumé en demi-teinte. C'est histoire d'avoir une galette des années 90 avant que tout ait disparu !

Le cubes 1987 : Mon premier Pu Erh dégusté en 2000 ! Une tasse offerte par Me Tseng alors que je buvais un Wulong ! Et la révélation du Monde du Pu Erh...Ce sont de petits cubes de 5g enveloppés de papier. Là encore pas du grand Pu-Erh, mais du sympathique et plein de caractère. Un des rares Pu-Erh que je peux reconnaître à l'aveugle, comme la 85/11 (ce parfum des feuilles !) par exemple. Ce thé a des arômes de vapeurs de haricots rouges identifiables entre mille. Très amusant à préparer : Tu fait un rinçage d'environ 2/3min, histoire que le bloc se délite et après les 3 infusions suivantes tu as intérêt à te manier car ça infuse très, très vite. La production totale était de 700kgs je crois, et il n'en reste plus beaucoup. C'est la raison pour laquelle j'ai chargé la mule : facile à préparer, original et relativement bon marché.